Du sursis pour des millions de Français. En effet, alors que près de 50% des foyers français devaient ne plus pouvoir souscrire une offre internet avec l'ADSL à partir du 31 janvier 2026, ils viennent d'obtenir un sursis d'un an.
Fin de l'ADSL : déjà les premiers couacs
C'est un caillou dans la chaussure d'Orange. Annoncé en 2023, devenu réalité en janvier 2025, la fermeture du réseau cuivre et la fin de l'ADSL était un plan titanesque qui se déroulait (à peu près) sans accroc. Jusqu'à hier et la publication d'un article publié par le journal Le Monde.
Intitulé "Internet : le retard de l’arrivée de la fibre optique oblige Orange à reporter la fermeture commerciale de son réseau ADSL", cet article assure que le plan de fin de l'ADSL connaît des difficultés dans sa mise en œuvre.
Officiellement, la date de fin de l'ADSL n'a pas bougé, elle reste fixée en 2030.
Dans un peu plus de 160 communes (lot 1), il n'y a déjà plus d'ADSL. Et, à la fin du mois, ce sera le cas dans 835 autres communes (lot 2). Jusque là, tout va bien. C'est après que ça se gâte.
En effet, à en croire un fichier excel mis à jour par Orange le 19 décembre 2025, le calendrier de la fermeture de l'ADSL est bouleversé dans 25% des communes. C'est à dire que dans 8029 communes, sur un total de 33918, ce qui représente près de 23 millions de locaux, la fermeture commerciale de l'ADSL, qui devait avoir lieu le 31 janvier 2026 a été repoussée au 31 janvier 2027.
Concrètement, cela veut dire que les abonnés de ces villes et villages peuvent encore souscrire une offre internet avec l'ADSL jusqu'au 31 janvier 2027 au lieu du 31 janvier 2026 initialement prévu.
Le détail des communes concernées par le report de la fermeture commerciale de l'ADSL :
| Lot | Communes totales | Communes reportées | Foyers concernés par le report |
|---|---|---|---|
| Lot 3 | 2138 | 41 | 173 064 |
| Lot 4 | 6835 | 563 | 2 900 402 |
| Lot 5 | 10480 | 2496 | 6 681 229 |
| Sans lot | 14465 | 4929 | 13 170 032 |
| Total | 33918 | 8029 | 22 924 727 |
Pourquoi le chantier de l'ADSL prend du retard ?
Initialement, le chantier de fermeture de l'ADSL devait se terminer en 2030. Désormais, il n'est plus possible de dire quand il va se terminer. Car si la fermeture commerciale de l'ADSL est repoussée d'un an dans un peu plus de 8000 communes, on peut légitimement penser que la fermeture technique du réseau cuivre va également être repoussée dans un certain nombre de communes.
Et si Orange est contraint de retarder l'échéance, c'est parce que Laure de la Raudière, la présidente de l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms a prévenu : "la fermeture du réseau ADSL ne peut pas être conduite sur une commune sans que la fibre n'ait été déployée complètement".
Nicolas Guérin, secrétaire général d'Orange a beau jeu de dire que l'opérateur "prend le parti d'appliquer strictement le recommandations de l'Arcep", il n'en reste pas moins que si Orange est contraint de prendre cette décision, c'est que le chantier du déploiement de la fibre a pris du retard, trop de retard.
D'ailleurs, c'est officiel depuis le 1er janvier 2025, l'objectif du 100% fibre en 2025 n'a pas été atteint.
En effet, comme nous le disions dans un article du 31 décembre 2025, le chantier de la fibre optique en France reste une réussite, mais les derniers chiffres de l'Arcep actent l'échec de cet objectif. Peut-être parce qu'il était trop ambitieux.
Difficile à dire. Mais au 31 septembre 2025, 93,5% des locaux étaient éligibles au Très Haut Débit avec la fibre. Il reste encore près de trois millions de locaux à rendre raccordables. Parmi eux eux, bon nombre de raccordements techniquement complexes et financièrement coûteux. Et nul ne sait quand ils seront raccordés.
Dans certains départements, le déploiement de la fibre est clairement à la peine, avec moins de 90% de locaux éligibles, parfois beaucoup moins.
Et visiblement, la situation est suffisamment préoccupante pour que Orange juge bon de repousser la fermeture de l'ADSL dans près de 8000 communes. Plutôt que de priver des foyers d'internet, l'opérateur préfère appliquer le principe de précaution.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest