La 6G fait déjà parler d'elle… alors que la 5G n'est pas encore partout

Par Maxime Blondet publié le 04/02/2026 à 06h40

La 5G est loin d'avoir livré tout son potentiel, mais une autre génération de réseau mobile s'invite déjà dans les débats : la 6G. Annoncée à partir de 2030, elle est déjà sur toutes les lèvres.

La 6G fait déjà parler d'elle… alors que la 5G n'est pas encore partout

La 5G commence à peine à se démocratiser que la 6G fait déjà parler d'elle dans les conférences, les communiqués des équipementiers et les démonstrations en laboratoires. 

Cela peut paraître étonnant alors même qu'en France la couverture mobile avec la 5G n'est pas encore aboutie, que le déploiement du réseau est toujours en cours. En outre à peine plus d'un tiers des utilisateurs sont abonnés à un forfait 5G. Et enfin, on commence à peine à percevoir le vrai potentiel de la 5G avec la montée en puissance de la 5G+.

Pourquoi la 6G est déjà au cœur des discussions

On le voit avec la 5G : une génération de réseau mobile ne se décide pas du jour au lendemain. On est sur du temps longs et il faut généralement huit à dix ans entre les premières recherches et un déploiement commercial à grande échelle. 

Si la 6G est attendue autour de 2030, il est donc somme toute assez logique logique que les travaux aient déjà commencé. 

D'ailleurs, à ce stade, la 6G n'est pas encore une norme, mais un ensemble de pistes explorées par les équipementiers et les opérateurs. On y retrouve des travaux sur de nouveaux spectres de fréquences, sur des architectures de réseau et sur l’intégration native de l’intelligence artificielle dans le cœur de réseau. 

Avant d'aboutir à une norme et à sa commercialisation, il faut donc plusieurs années d'expérimentations, de tests grandeur nature et de discussions au sein d'instances internationales. Ce qui prend beaucoup de temps.

Et puis le commun des mortels ne s'en rend pas compte, mais certains perçoivent déjà les limites de la 5G, avec notamment des usages industriels difficiles à généraliser et des fréquences millimétriques, annoncées comme une révolution mais encore très peu exploitées dans le monde. 

Voilà pourquoi, dans les hautes sphères des télécoms, on parle déjà de la 6G.

Débits, latence, IA : ce que promet la 6G sur le papier

Sur le plan purement technique, la 6G vise une nouvelle marche en avant impressionnante. Les débits théoriques évoqués dans les laboratoires donnent le tournis. Des chercheurs américains et chinois ont déjà conçu une puce capable d'atteindre plus de 100 Gb/s, 500 fois le débit de la 5G.

La latence, quant à elle, pourrait descendre sous la milliseconde dans des scénarios spécifiques, tandis que la densité d'objets connectés continuerait d'augmenter fortement.

La fiabilité et la précision sont également au cœur des travaux. Certains évoquent une localisation à quelques centimètres près, essentielle pour les usages industriels, la robotique ou la mobilité autonome.

Néanmoins, l'élément le plus différenciant reste l'intelligence artificielle. Et c'est en cela que la 6G va surtout se distinguer de la 5G.

Là où la 5G commence à l'utiliser pour optimiser certains paramètres, la 6G veut en faire le cerveau du réseau

Ces avancées alimentent une multitude de scénarios. La réalité virtuelle et/ou augmentée figure parmi les usages les plus mis en avant, avec la promesse d'expériences immersives haute définition, fluides et sans fil. On parle aussi d'industrie du futur, de villes entièrement connectées, ou encore de formes avancées de télémédecine et des voitures autonomes.

Certaines de ses promesses ressemblent fortement à celles que la 5G quand elle était encore en gestation. Mais elles deviendront peut-être réalité avec la 6G.

La 6G, une révolution encore très lointaine

Et puis il faut aussi relativiser. Les performances annoncées pour la 6G reposent aujourd'hui sur des conditions idéales. Et on le voit avec la 5G, le fossé est immense entre démonstrations en laboratoire et la réalité du terrain.

Surtout, la 6G ne remplacera pas brutalement la 5G. Les générations de réseaux mobiles coexistent longtemps, comme la 5G/5G+ cohabite avec la 4G.

Et puis il y a aussi des problèmes de coûts, de consommation énergétique, d'impact environnemental, et bien sûr acceptabilité sociale. Souvenez-vous, la 5G n'est pas arrivée sans peine, notamment en France;

Parler de la 6G aujourd'hui a du sens pour préparer l'avenir. Mais pour le grand public, qui se familiarise à peine avec la 5G, elle reste un horizon fort fort lointain.

Maxime Blondet

Maxime Blondet

Responsable éditorial DegroupTest

Curieux et polyvalent, j’ai fait mes armes en presse écrite, en radio et à la télévision avant de plonger dans la rédaction web. Du fait divers aux grands enjeux de société, en passant par le divertissement, j’ai exploré des thématiques très variées. Depuis 2019, j’ai rejoint DegroupTest pour décrypter l’univers des télécommunications, un secteur en constante évolution que je prends toujours autant de plaisir à explorer.

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