Au 1er novembre 2026, Bouygues Telecom ne compte plus que 10271 sites 4G en service sur la bande 2100 MHz, contre 16154 un mois auparavant. Soit une chute de 36,4 % en octobre.
Cela ne signifie pas que 5883 relais téléphoniques ont fermé. Les données de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) recensent ici la présence d'une technologie sur une fréquence donnée, pas l'existence physique d'un site. D'ailleurs, le nombre total de sites 4G de Bouygues continue d'augmenter. Derrière ces retraits se cache une réorganisation du réseau mobile désormais confirmée par l'opérateur.
Une chute de la 4G 2100 MHz qui s'accélère depuis juillet
En février 2026, Bouygues comptait 18904 sites 4G 2100 MHz en service. Ce nombre a continué de progresser jusqu'à un maximum de 19718 sites au 1er juillet. Puis la tendance s'est inversée : 19011 au 1er août, 19001 au 1er septembre, 16154 au 1er octobre et finalement 10271 au 1er novembre.
Les dates des observatoires correspondent à la situation arrêtée à la fin du mois précédent. Le premier recul notable, de 707 sites, intervient donc en juillet. Après un mois d'août presque stable, les retraits s'accélèrent : moins 2847 sites en septembre, puis moins 5883 en octobre. Depuis le pic du début juillet, 9447 sites, soit près de 48% du parc 4G 2100 MHz, ont disparu du décompte.
La baisse touche aussi les sites autorisés sur cette bande : leur nombre passe de 22278 début septembre à 12947 début novembre. Ce recul simultané des autorisations et des mises en service confirme l'ampleur de la réorganisation.
Bouygues fait d'ailleurs cavalier seul. Sur la même période, Orange, SFR et Free continuent tous de progresser en 4G 2100 MHz.

Bouygues confirme le transfert progressif du 2100 MHz vers la 5G
Ce mouvement correspond à une stratégie engagée de longue date. Dès novembre 2020, Bouygues Telecom annonçait dans ses résultats financiers vouloir transférer progressivement des fréquences utilisées en 4G vers la 5G, en complément du déploiement de nouvelles antennes sur la bande 3,5 GHz.
Cette orientation se concrétise aujourd'hui. Dans une réponse transmise à Frandroid le 5 novembre 2026, Bouygues Telecom confirme que les retraits relevés par l'ANFR résultent d'une réaffectation des fréquences. La bande 2100 MHz, auparavant partagée entre 4G et 5G, est progressivement réservée à la 5G.
Cette transition concerne notamment le DSS (Dynamic Spectrum Sharing, ou partage dynamique du spectre). Ce mécanisme permet à la 4G et à la 5G d'utiliser une même bande de fréquences, en répartissant les ressources selon le trafic. Il a facilité les premiers déploiements 5G sur des fréquences déjà exploitées en 4G. Mais ce partage comporte aussi des limites : réserver les ressources à une seule technologie peut améliorer sa capacité.
Les chiffres de l'observatoire ANFR du 1er novembre illustrent ce changement. Au 1er septembre, l'agence comptait 19001 sites 4G 2100 MHz en service et 18962 sites 5G sur cette bande déclarés techniquement opérationnels. Deux mois plus tard, la 4G tombe à 10271 sites, tandis que la 5G progresse jusqu'à 19598.
Un détail est particulièrement révélateur : en octobre, Bouygues a retiré la 4G de 5883 sites sur cette fréquence, alors que le nombre de sites 5G 2100 MHz techniquement opérationnels n'a augmenté que de 169. Ce décalage est cohérent avec une réaffectation des ressources sur des installations déjà équipées de la 5G, plutôt qu'avec la création de milliers de nouveaux sites.
Bouygues relie également cette opération à la montée en puissance des smartphones 5G et au développement de son réseau 5G SA (Standalone), la version autonome de la 5G qui dispose de son propre cœur de réseau. L'objectif affiché est d'améliorer la capacité du réseau et la qualité de service. Cela ne signifie toutefois pas que tous les sites concernés fonctionnent déjà en 5G autonome.
Le parc de sites 4G de Bouygues continue pourtant d'augmenter
Toutes fréquences confondues, Bouygues comptait 31013 sites 4G en service début février. Il en possède 32417 au 1er novembre, soit 1404 de plus. Même en octobre, alors que les retraits du 2100 MHz s'accéléraient, l'opérateur a gagné 144 sites 4G.
Un même relais peut en effet diffuser la 4G sur plusieurs bandes. Chez Bouygues, les 700, 800, 1800 et 2600 MHz continuent de progresser. Les fréquences les plus basses assurent notamment une couverture plus étendue, tandis que le 2100 MHz contribue à renforcer la capacité du réseau.
Un site qui cesse d'émettre en 4G sur 2100 MHz peut donc continuer à fournir de la 4G sur d'autres fréquences. Le signal ne disparaît pas automatiquement, mais la capacité disponible pour les utilisateurs 4G peut diminuer localement.
L'augmentation du nombre total de sites ne garantit pas pour autant une couverture ou des performances identiques partout. Pour connaître les équipements déployés près de chez vous, vous pouvez consulter notre carte des antennes 4G et 5G, qui recense notamment les fréquences utilisées par chaque opérateur.
Abonnés 4G et 5G : quels effets possibles sur les débits ?
Si vous utilisez un smartphone 4G, ces chiffres n'annoncent pas une coupure généralisée. Votre téléphone peut toujours se connecter aux autres bandes 4G disponibles. Mais dans un secteur très fréquenté, perdre une fréquence peut réduire la capacité du réseau et entraîner des débits plus faibles aux heures de pointe.
Pour vérifier quels réseaux sont disponibles à votre adresse, notre test de couverture mobile permet notamment de localiser les antennes les plus proches et de connaître les technologies déployées.
Pour les abonnés à une offre mobile 5G, la réaffectation du 2100 MHz pourrait au contraire améliorer les performances. En consacrant davantage de ressources à cette technologie, Bouygues cherche à augmenter la capacité de son réseau. Le gain réel dépendra toutefois des réglages des équipements, de la charge, de la couverture locale et du smartphone utilisé.
Les bénéfices attendus pour la 5G SA ne seront pas nécessairement immédiats ni identiques pour tous les abonnés. La disponibilité de cette technologie dépend aussi du réseau commercialement ouvert, du terminal et de l'offre mobile.
Quant aux éventuels gains ou pertes de débit, impossible de les mesurer à partir des seuls observatoires de l'ANFR. Ces documents suivent les déploiements, pas les performances constatées par les abonnés. Un test de débit sur le réseau Bouygues Telecom permet en revanche de mesurer la vitesse réelle de sa connexion 4G ou 5G.