La 5G, une histoire de fréquences
En 2017, quand l'Arcep prépare l'arrivée de la 5G en France, elle identifie plusieurs bandes de fréquences.
Souvent perçue comme la bande cœur de la 5G, la bande des 3,5 GHz sera dédiée à la 5G. Elle est en effet très appréciée par ses propriétés physiques et la quantité de fréquences disponibles. En outre, elle permet d'avoir une montée en débit significative.
L'utilisation de cette bande est complétée par d'autres bandes, aux propriétés différentes. Ce sont des fréquences de la 4G que les opérateurs peuvent basculer en 5G. Il y a tout d'abord celle des 2,1 GHz qui offre un bon compromis entre débit et couverture. Et puis il y a les fréquences basses dans la bande des 700 MHz, très appréciées pour leur portée.
Enfin, parmi les fréquences de la 5G, il était censé également y avoir la bande des 26 GHz. Mais elle est déjà bien encombrée avec l'armée, les satellites et les faisceaux hertziens et doit faire l'objet d'une attribution ultérieure.
En attendant, les opérateurs peuvent demander des autorisations afin de mener des expérimentations.
Car avec les 26 GHz, on parle de très hautes fréquences et d'ondes millimétriques, avec des propriétés qui sont censées révolutionner la 5G dans le futur. Encore jamais utilisée dans la téléphonie mobile, elles doivent permettre d'atteindre des débits très importants et favoriser l'émergence d'usages innovants.
La 5G dans les 26 GHz, un chimère !
Un peu plus de cinq ans après le lancement du réseau mobile, la 5G fait partie de notre quotidien. Plus de 30% de la population a souscrit une offre mobile avec la 5G et la couverture mobile avec la 5G gagne peu à peu l'ensemble du territoire.
Quant à la 5G dans les 26 GHz, elle ne semble être plus qu'une chimère, un projet séduisant mais irréalisable. En France tout du moins.
En effet, la 5G millimétrique est déjà utilisée aux États-Unis et une partie de l'Asie. Mais elle n'est pas prête d'arriver en France. "On a aucune demande de la part des opérateurs, même si nous leur demandons régulièrement", concède Laure de la Raudière, la présidente de l'Arcep.
L'Arcep a pourtant libéré de la place dans la bande des 26 GHz, mais elle ne croule pas sous les demandes d'autorisation en vue d'expérimentations.
Plusieurs raisons expliquent cela. Tout d'abord, cela voudrait dire investir beaucoup d'argent pour les opérateurs, qui ont déjà beaucoup investi et dépensent encore beaucoup d'argent dans le déploiement de la 5G.
Il y a aussi certains inconvénients à faire de la 5G dans les 26 GHz. "Nous avons effectué des tests en 2023/2024 avec une licence expérimentale de l'Arcep avec des débits de 4Gb/s, mais la couverture est très limitée et ne permet pas d'atteindre l'intérieur des bâtiments. Cela confirme qu'il n'y a pas vraiment de cas d'utilisation", estime par exemple SFR, dans un article paru sur bfmtv.com. En outre, la portée des ondes dans les 26 GHz est très courte, trop courte pour que cette bande de fréquences soit réellement intéressante.
Chez les autres opérateurs, le son de cloche est sensiblement le même. Et puis, "avec la 5G 3,5 GHz, ça marche déjà très bien", semble se satisfaire Bouygues Telecom.
Aussi, la 5G dans les 26 GHz n'est pas prête d'arriver. Et il va sans doute falloir attendre l'arrivée de la 6G pour assister à cette fameuse révolution du très haut débit mobile.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest