La 5G, un réseau qui commence à devenir mature
C'est peu de dire que la 5G en France a connu des débuts contrariés. Mais force est de constater qu'un peu plus de cinq ans plus tard, elle commence à trouver sa vitesse de croisière. En matière d'abonnements tout d'abord.
Au 30 juin 2025, selon l'observatoire des marchés des communications électroniques de l'Arcep, on compte 28,4 millions de cartes en 5G. Ainsi, plus d'un tiers des cartes SIM utilisent désormais la 5G, en hausse de 12 points sur un an. En outre, c'est bel et bien la 5G qui a le vent dans le dos. Sur les 12 derniers mois, le nombre de cartes actives en 5G a augmenté de 10,1 millions. Soit une hausse de 56% en un an.
Si la 5G commence à trouver son public, c'est aussi parce les tarifs des forfaits 5G ont très largement baissé et sont aujourd'hui équivalents à ceux de la 4G.
Mais aussi parce que la couverture mobile en 5G commence à devenir conséquente. Son déploiement se poursuit à un rythme soutenu, presque sans accroc et conforme aux attentes de l'Arcep.
En effet, au lancement de la 5G, l'Arcep a fixé un certain d'obligations aux opérateurs, comme "la généralisation de la 5G jalonnée par un accroissement des débits", "la couverture d'axes routiers", ou encore "des offres de services différenciés (slicing)".
Pour les deux premières, le contrat est rempli. Mais concernant les offres de services différenciés, elles commencent à peine. Elles vont néanmoins se multiplier en 2026.
C'est notamment le cas avec ce nouveau cas d'usage qui préfigure ce que doit être (aussi) la 5G.
La 5G, ça sert aussi à ça
En effet, au lancement du réseau 5G, les opérateurs ont vendu la 5G comme une technologie de rupture. Mais au début, la 5G a surtout servi à désengorger le réseau 4G. Puis on a assisté à une montée en débit (significative). Néanmoins, on a encore un peu de mal à percevoir la 5G comme une technologie de rupture. Faute projets ? Faute de publicité sur ces projets ?
Mais les choses sont peut-être en train de changer.
Pour accompagner la profonde mutation des hôpitaux et établissements de santé français et soutenir au mieux leur transformation numérique, Bouygues Telecom Business et le CHU de Bordeaux ont développé le projet 5MART HO5PITAL.
Ce projet a pour objectif de tendre vers "l'hôpital intelligent", qui repose sur la convergence de plusieurs dynamiques : transition numérique, innovation technologique, refonte des organisations et mise en réseau des acteurs du territoire.
Concrètement, la solution envisagée utilisera plusieurs des bandes de fréquence de Bouygues Telecom et les capacités de network slicing de son réseau 5G Standalone (la 5G+) au profit du CHU de Bordeaux.
Premier objectif du projet : apporter de la couverture 5G à l'intérieur des différents bâtiments du CHU à partir du second semestre 2026. Ce qui paraît essentiel pour les soignants comme pour les patients.
Par la suite, et dès 2027, la solution déployée permettra de supporter une dizaine de cas d'usage afin d'améliorer :
- l'expérience des patients et des soignants,
- la qualité des soins,
- la sûreté et la sécurité,
- la performance, la résilience et la formation.
Parmi les premiers cas d'usage, on trouvera notamment les ambulances connectées, permettant de traiter le patient le plus rapidement possible avec un expert médical à distance, la modélisation 3D en chirurgie pour préparer une intervention chirurgicale ou à des fins d'enseignement, ou encore les lunettes connectées en chirurgie pour une assistance visuelle lors des opérations.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest