Le magasin de vélos haut de gamme de Camon, dans la Somme, était loin d’être dépourvu de protections. Son directeur explique avoir investi dans un système d’alarme et de sécurité qu’il pensait particulièrement performant.
Cela n’a pourtant pas empêché des cambrioleurs de repartir avec 65 vélos, pour un préjudice estimé à 350 000 €.
Ils ont préparé le cambriolage pendant près de deux heures
Le plus intéressant dans cette affaire n’est pas la manière dont les voleurs sont entrés dans le magasin, mais ce qu’ils auraient fait juste avant.
Interrogé par TF1, le directeur explique avoir découvert après le vol que les cambrioleurs avaient utilisé des brouilleurs GSM, neutralisé Internet et perturbé les caméras situées autour du commerce, y compris celles d’entreprises voisines.
Ils auraient consacré près de deux heures à cette préparation avant de pénétrer dans le magasin.
Ce scénario met en évidence une limite moins visible que la qualité d’une caméra ou la puissance d’une sirène : une alarme connectée dépend aussi de sa capacité à communiquer.
Que fait votre alarme si Internet est coupé ?
C’est probablement l’une des questions les plus utiles à poser avant de choisir un système de sécurité.
Une alarme peut très bien continuer à détecter une ouverture ou un mouvement tout en rencontrant des difficultés pour transmettre l’information à votre smartphone ou à un centre de télésurveillance.
Tout dépend alors de la façon dont le système a été conçu.
Certains équipements sont capables de détecter une perte de communication ou des perturbations radio. D’autres disposent de plusieurs connexions et peuvent en utiliser une autre lorsque la liaison principale devient indisponible.
Sector Alarm annonce par exemple pour sa centrale une triple connectivité 4G, Wi-Fi et Ethernet. Selon l’entreprise, le système peut basculer sur une autre connexion lorsque l’une d’elles est perturbée et dispose également de mécanismes de détection du brouillage. Une batterie prend par ailleurs le relais en cas de coupure de courant.
Toutes les alarmes ne fonctionnent pas nécessairement de cette manière. C’est donc un critère à vérifier au même titre que les détecteurs, la caméra ou la télésurveillance.
Les cinq questions à poser avant de choisir une alarme
Avant de signer, demandez précisément ce qui se passe lorsque le système rencontre un problème de communication :
- l’alarme détecte-t-elle une perte de liaison ou une tentative de brouillage ?
- possède-t-elle une connexion de secours si Internet ne fonctionne plus ?
- une anomalie de communication est-elle signalée au propriétaire ou au centre de télésurveillance ?
- la centrale dispose-t-elle d’une batterie de secours en cas de coupure de courant ?
- la télésurveillance peut-elle encore recevoir une alerte si la connexion principale est indisponible ?
Vous pouvez également consulter les normes et certifications des alarmes pour mieux comprendre les niveaux de protection proposés.
Les brouilleurs utilisés pour neutraliser certaines communications sont quant à eux interdits en France. Le Code des postes et des communications électroniques interdit notamment leur importation, leur mise en circulation, leur détention et leur utilisation, hors exceptions prévues par la loi. Les sanctions peuvent atteindre six mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.
L’affaire de Camon ne signifie évidemment pas qu’une alarme disposant de plusieurs connexions devient impossible à neutraliser. Elle montre en revanche pourquoi il est utile de savoir comment un système réagit lorsque Internet, le réseau mobile ou le courant disparaît.
Un critère rarement mis en avant sur les fiches commerciales, mais à regarder de près dans notre comparatif des alarmes avec télésurveillance.