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La fin de la 2G est désormais une réalité en France. Orange a déjà commencé à éteindre cette technologie dans plusieurs territoires et doit généraliser son arrêt d'ici à la fin de l’année 2026. SFR et Bouygues Telecom s'apprêtent à faire de même. La 3G suivra entre 2028 et 2029 selon les opérateurs.
Pour la plupart des utilisateurs équipés d’un smartphone récent, cette transition devrait être quasiment transparente. Mais plusieurs millions de téléphones, alarmes, dispositifs de téléassistance, ascenseurs ou équipements professionnels dépendent encore de la 2G ou de la 3G.
La question n’est donc plus seulement de savoir pourquoi ces réseaux vont disparaître. Il faut surtout déterminer si vous êtes concerné et savoir comment anticiper la fin de la 2G et de la 3G.
Quand la 2G et la 3G vont-elles disparaître en France ?
Chaque opérateur suit son propre calendrier.
Chez Orange, l'extinction a commencé le 31 mars 2026 à Bayonne, Anglet et Biarritz, avant de s'étendre en mai et juin à plusieurs départements du Sud-Ouest. L'opérateur prévoit désormais de généraliser la fermeture de la 2G Orange :
- le 22 septembre à Nice
- le 6 octobre dans 44 départements
- le 20 octoibre dans 43 départements.
SFR prévoit l’arrêt de la 2G le 15 novembre 2026. Bouygues Telecom procédera à une première extinction le même jour dans plusieurs villes, puis généralisera l’opération entre le 1er et le 15 décembre 2026.
Free Mobile constitue un cas particulier puisqu’il ne possède pas de réseau 2G en propre. Pour ces usages, son calendrier suit celui d'Orange.
C'est ainsi que la 2G sera totalement éteinte à la fin de l'année 2026. Quant à la 3G, elle bénéficie de quelques années supplémentaires.
| Opérateur | Extinction de la 2G | Extinction de la 3G |
|---|---|---|
| Orange | Déjà engagée, généralisation entre le 22 septembre et le 20 octobre 2026 | 2028 |
| SFR | 15 novembre 2026 | Fin 2028 |
| Bouygues Telecom | Généralisation du 1er au 15 décembre 2026 | Fin 2029 |
| Free Mobile | Pas de réseau 2G propre, calendrier lié à Orange | Pas encore de date annoncée |
Ces dates concernent la France métropolitaine. Les calendriers diffèrent dans les territoires d’Outre-mer.
Êtes-vous concerné par l’arrêt de la 2G et de la 3G ?
Si vous possédez un smartphone récent et utilisez déjà la 4G ou la 5G pour vos appels et votre connexion Internet, probablement pas.
Mais la situation est loin d'être marginale. À fin mars 2026, l'Arcep recensait encore 2,13 millions de cartes SIM utilisées dans des téléphones ou tablettes compatibles uniquement avec la 2G ou la 2G/3G.
S’y ajoutaient 2,4 millions de cartes SIM M2M utilisées dans des équipements limités à ces anciennes technologies.
Au total, environ 4,53 millions de SIM étaient encore concernées à date.
Il y a encore neuf mois, elles étaient environ 5,89 millions, soit une baisse proche de 23%. C'est-à-dire que la migration avance, mais le stock restant demeure conséquent, d'autant que les chiffres de l'Arcep n’intègrent pas les SIM embarquées directement par les constructeurs automobiles.
La difficulté ne vient donc pas forcément du smartphone que vous avez dans la poche. Elle peut venir d'un équipement que vous n'avez considéré comme un appareil mobile.
Vous utilisez un ancien téléphone
Un téléphone limité à la 2G cessera de pouvoir se connecter au réseau lorsque cette technologie sera éteinte.
Avec un téléphone 3G ou certains anciens modèles 4G, le diagnostic est moins évident. Un appareil peut utiliser la 4G pour Internet mais repasser en 2G ou en 3G au moment de téléphoner.
Il faut alors vérifier sa compatibilité avec la VoLTE, pour "Voice over LTE", c’est-à-dire la possibilité de passer les appels directement sur le réseau 4G.
| Votre téléphone | Après l’arrêt de la 2G | Après l’arrêt de la 3G |
|---|---|---|
| 2G uniquement | Ne fonctionne plus sur le réseau concerné | — |
| 2G/3G uniquement | Peut continuer à fonctionner en 3G | Ne fonctionne plus sur le réseau concerné |
| 4G sans VoLTE | Internet 4G possible, mais les appels peuvent encore dépendre de la 2G ou de la 3G | Risque de ne plus pouvoir passer d’appels |
| 4G + VoLTE compatible opérateur | Pas d’impact attendu lié à l’arrêt de la 2G | Pas d’impact attendu lié à l’arrêt de la 3G |
Vous avez une alarme, un ascenseur ou un système de téléassistance...
La fin de la 2G peut ici passer plus facilement inaperçue, alors que les conséquences peuvent être plus sensibles.
Alarmes, systèmes de télésurveillance, téléalarmes d'ascenseurs, dispositifs de téléassistance, interphones, équipements médicaux ou terminaux industriels peuvent utiliser une carte SIM ou un module cellulaire. L'Arcep cite notamment ces équipements parmi ceux qui doivent encore migrer.
Leur durée de vie est souvent bien supérieure à celle d’un smartphone. Certains fonctionnent donc toujours avec une technologie conçue il y a plusieurs décennies.
Le premier réflexe consiste à contacter le fabricant, l’installateur ou le mainteneur pour identifier la technologie utilisée et la migration prévue. Un remplacement complet n'est pas toujours nécessaire : changer le module de communication peut parfois suffire.
On vous explique comment vérifier si une alarme 2G/3G doit être remplacée.
Et votre voiture ?
Les véhicules peuvent eux aussi embarquer une connexion mobile sans que le conducteur s'en préoccupe au quotidien.
Certains modèles utilisent encore la 2G ou la 3G pour des services connectés ou la fonction d’appel d'urgence eCall. Lorsque ni la 2G ni la 3G ne sont disponibles dans une zone, un système eCall reposant sur ces technologies peut devenir inopérant.
Cela n'empêche pas le véhicule de rouler. Mais certaines fonctions connectées peuvent être affectées. Si votre voiture est concernée, mieux vaut vérifier les informations du constructeur pour savoir si une adaptation ou une autre solution est prévue.
Comment savoir rapidement si vous devez agir ?
La démarche tient finalement en quelques vérifications :
- Identifiez les équipements qui utilisent un réseau mobile : téléphone, alarme, téléassistance, ascenseur, véhicule connecté ou terminal professionnel.
- Vérifiez la technologie utilisée : un équipement 2G doit être traité en priorité en 2026 ; pour la 3G, l’échéance est plus lointaine.
- Pour un téléphone, contrôlez la 4G et la VoLTE.
- Regardez le calendrier du réseau utilisé, notamment si votre forfait passe par un opérateur virtuel.
- Pour un équipement critique, contactez le fabricant ou le mainteneur plutôt que d’attendre la coupure.
Comment vérifier si votre téléphone est compatible VoLTE ?
Un téléphone 4G n'utilise pas forcément la 4G pour les appels. Pour vérifier sa compatibilité VoLTE, consultez la fiche technique du modèle et surtout la liste des appareils compatibles publiée par votre opérateur. Pensez aussi à mettre à jour le téléphone et à vérifier que la 4G ou la 5G est bien activée dans les réglages.
Faut-il changer de téléphone ou de forfait mobile ?
Pas systématiquement.
Si votre téléphone est compatible avec la 4G et la VoLTE chez votre opérateur, l’extinction de la 2G ne vous oblige pas nécessairement à changer d’appareil. Elle n’implique pas non plus automatiquement de changer de forfait mobile.
À l’inverse, un très ancien téléphone limité à la 2G devra bien être remplacé lorsque le réseau disparaîtra.
Le critère décisif n’est donc ni l’âge du forfait ni le fait de posséder un smartphone dernier cri. C’est la compatibilité réelle de l’équipement avec les services 4G qui compte.
Pourquoi les opérateurs arrêtent-ils la 2G et la 3G ?
La 2G a été déployée en France dans les années 1990, puis la 3G dans les années 2000. Elles ont accompagné la démocratisation du téléphone portable puis celle de l'Internet mobile.
Mais maintenir simultanément la 2G, la 3G, la 4G et la 5G oblige les opérateurs à exploiter quatre générations de téléphonie mobile alors que presque tous les usages ont migré vers les réseaux 4G et 5G.
En effet, selon l'Arcep, le trafic restant sur la 2G et la 3G représente aujourd’hui moins de 1% du trafic total. Et plus de 99,8% des antennes de téléphonie mobile utilisant la 2G ou la 3G sont également équipés en 4G ou en 5G.
L'extinction de la 2G et de la 3G ne veut pas dire que ces réseaux sont devenus inutiles. Une alarme, un capteur ou un ascenseur peuvent envoyer très peu de données tout en assurant une fonction essentielle. C'est tout le paradoxe de cette transition : la 2G et la 3G sont marginales dans les volumes transportés, mais restent nécessaires à certains équipements tant qu'ils n'ont pas migré.
En outre, leur disparition n'aura pas d'impact substantiel sur la couverture mobile. Au contraire, elle permettra aux réseaux restants d'être encore plus efficients.
Réutiliser les fréquences en 4G et en 5G
Le spectre radio n'est pas extensible à l’infini.
La 2G utilise notamment les bandes 900 et 1800 MHz, tandis que la 3G a notamment été déployée sur les bandes 900 et 2100 MHz. En arrêtant ces technologies, les opérateurs peuvent réaffecter tout ou partie de ces fréquences à la 4G ou à la 5G. c'est ce qu'on appelle le refarming.
Cette réutilisation permet d'augmenter la capacité disponible sans obtenir de nouvelles fréquences.
Les bandes basses, comme celles autour de 900 MHz, présentent en plus de bonnes propriétés de propagation : elles portent plus loin et pénètrent mieux à l’intérieur des bâtiments que des fréquences plus élevées. Leur réutilisation peut donc aussi contribuer à l'amélioration de la couverture des réseaux récents.
Simplifier les réseaux et réduire leur consommation
Chaque génération mobile possède ses équipements, ses logiciels et ses contraintes de maintenance. Arrêter progressivement les technologies historiques permet donc aux opérateurs de simplifier leurs infrastructures et de concentrer davantage les investissements sur la 4G et la 5G.
La consommation énergétique entre aussi dans l'équation. À trafic équivalent, les technologies récentes sont beaucoup plus efficaces. Maintenir des équipements 2G et 3G actifs pour transporter une quantité devenue très faible de données pèse donc sur l'efficacité globale du réseau.
Cette transition impose néanmoins de remplacer certains appareils encore fonctionnels. Le comité d'experts techniques de l'Arcep a intégré cet impact dans son étude sur le bilan carbone. Et selon ses estimations, le gain lié à l'arrêt des réseaux compense le remplacement anticipé des téléphones en moins de deux mois, et en moins de six mois lorsque les équipements IoT sont également pris en compte.
Des réseaux plus sûrs
La sécurité fait également partie des raisons avancées pour abandonner la 2G et la 3G. Conçues il y a plusieurs décennies, ces technologies reposent sur des mécanismes de protection moins robustes que ceux des générations suivantes.
La 4G et la 5G utilisent des protocoles de chiffrement et d'authentification plus avancés, mieux adaptés aux menaces actuelles.
Que vont devenir les anciens usages ?
L'arrêt de la 2G et de la 3G ne signifie pas que tous les usages vont migrer vers la 5G.
Pour les smartphones, la 4G reste (encore) au cœur de la transition : elle transporte déjà les données, les SMS et les appels grâce à la VoLTE.
Pour les objets connectés, les besoins sont très différents. Un capteur qui transmet quelques informations de temps en temps n’a pas les mêmes contraintes qu’un smartphone ou une caméra connectée.
Des technologies comme le LTE-M ou le NB-IoT ont justement été conçues pour certains de ces usages, avec de faibles volumes de données, une consommation réduite et une bonne autonomie.
Selon l'équipement, la migration pourra donc se faire vers la 4G classique, la VoLTE, le LTE-M, le NB-IoT ou une autre solution adaptée.
Pour les entreprises, il faut surtout choisir la technologie en fonction du service rendu par l’appareil, et non simplement remplacer la 2G par la 5G.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest