Plus d'un mois après le passage dévastateur des tempêtes Nils et Pedro, qui ont balayé le Sud-Ouest à la fin de l'hiver, le retour à la normale se fait attendre dans les Landes.
Si la majorité du territoire est revenue à la normale, une frange de la population est toujours coupée d'internet et plongée dans un noir numérique. Au 31 mars, environ 800 clients sont toujours privés de connexion internet. Entre infrastructures lourdement endommagées et interventions d'une rare complexité, Orange et SFR progressent comme ils peuvent pour rétablir la situation.
Un réseau lourdement impacté par la violence des tempêtes
Pour comprendre la lassitude des usagers, il faut d'abord mesurer l'ampleur du choc. Au plus fort de la crise, près de 40000 abonnés landais ont été coupés du monde. Les tempêtes Nils et Pedro n'ont pas seulement fait tanguer les lignes, elles ont mis à terre tout une partie du réseau aérien, avec des poteaux au sol et des câbles arrachés.
Dans ce département fortement boisé, les chutes d'arbres ont été les principales responsables du chaos. Le même scénario s'est répété par centaines : des pins majestueux s'effondrant sous les rafales, arrachant dans leur chute des poteaux de soutien et sectionnant net les câbles, qu'il s'agisse du réseau historique en cuivre ou de la nouvelle infrastructure en fibre optique.
Pour les techniciens, ce n'est pas une simple panne logicielle, mais un chantier de reconstruction titanesque qui s'est engagé dès les premières accalmies.
Les raisons d'un rétablissement complexe
Si 98 % des foyers ont été rétablis en quelques semaines, les 800 foyers restants représentent les cas les plus critiques. Plusieurs facteurs expliquent cette lenteur. D'abord, l'accessibilité. Dans le massif forestier landais ou dans les zones humides gorgées d'eau par les pluies printanières, l'accès des camions nacelles est très difficile, et même parfois impossible sans risquer l'embourbement.
Ensuite, la hiérarchie des interventions impose une logique industrielle : les opérateurs réparent d'abord les lignes structurantes qui desservent des villages entiers, avant de s'attaquer aux raccordements individuels.
Enfin, le déploiement des techniciens télécoms est strictement conditionné par le passage préalable des élagueurs. Tant que les arbres ne sont pas débités et les voies dégagées, aucune réparation de câble ne peut être effectuée en toute sécurité. Ce goulot d'étranglement logistique étire inévitablement les délais.
Bientôt une sortie de crise
Orange, en tant que propriétaire et gestionnaire du réseau historique, est en première ligne. L'opérateur historique concentre ses efforts sur les poches de résistance, souvent situées en fin de ligne ou dans des zones isolées. SFR, également très impacté, mobilise ses équipes de sous-traitance pour finaliser les raccordements fibre.
Les opérateurs assurent que la mobilisation reste totale. Pour la majorité des 800 foyers encore impactés, un rétablissement définitif est espéré dans les prochains jours, bien que certains cas isolés, nécessitant un génie civil lourd (remplacement de poteaux cassés en série), puissent encore prendre du temps.
Orange et SFR se sont engagés à communiquer individuellement auprès des derniers sinistrés pour préciser les calendriers de retour à la ligne.
Le retour à la normale est espéré pour la mi-mai.
Vers une nécessaire résilience
Cette crise souligne une nouvelle fois la vulnérabilité de nos infrastructures face au changement climatique et à la multiplication des phénomènes météos violents. La question de l'enfouissement des réseaux se pose avec une acuité renouvelée, bien que son coût reste un obstacle majeur.
Pour les usagers privés d'internet depuis plus de trente jours, l'heure est encore aux démarches administratives. La plupart des opérateurs prévoient des procédures de dédommagement automatique ou sur demande.
Et puis il y a l'accès à des solutions de secours, comme l'internet garanti avec le prêt d'une clé 4G/5G inclus avec certaines offres internet. Et pour les victimes qui ne bénéficient pas de ce service, elles peuvent faire appel au service client de leur opérateur afin de bénéficier de gigas supplémentaires avec leur forfait mobile.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest