Après un mois de juillet inquiétant, la tendance s'est calmée
En juillet 2026, 18 665 cambriolages de logements ont été enregistrés en France. C'est 1 246 de plus qu'en juillet 2025, soit une hausse de 7,1 % en un an.
Ce rebond avait attiré l'attention en pleine période estivale, alors que des millions de Français quittaient leur domicile pour les vacances. De quoi alimenter les inquiétudes sur la sécurité des logements laissés inoccupés. Nous avions d'ailleurs analysé cette hausse des cambriolages dès le mois d'août.
Mais un mois ne suffit pas à définir une tendance.
Le dernier bulletin Interstats Conjoncture du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) permet désormais d'y voir plus clair. Dans les données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, l'évolution mois par mois est la suivante :
- Juillet 2026 : 18 433 cambriolages, soit une hausse de 2,5 % par rapport à juin.
- Août 2026 : 17 815 cambriolages, en baisse de 3,4 % par rapport à juillet.
- Septembre 2026 : 17 782 cambriolages, soit une quasi-stabilité (-0,2 %).
Sur l'ensemble de la période juillet-septembre, leur nombre recule de 2 % par rapport aux trois mois précédents. Le bilan de l'été est donc bien moins alarmant que ne le laissait penser le seul chiffre de juillet.
Pourquoi ces chiffres ne racontent pas exactement la même chose
Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions trop rapides. La baisse trimestrielle n'efface pas la hausse enregistrée en juillet.
À retenir : deux chiffres, deux méthodes de comparaison
La hausse de 7,1 % correspond à l'évolution des cambriolages entre juillet 2025 et juillet 2026, en données brutes. Le recul de 2 % compare les trois mois de juillet à septembre 2026 aux trois mois précédents, à partir de données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Ces deux résultats ne sont donc pas contradictoires.
Un mois peut compter davantage de cambriolages que l'année précédente, sans que la tendance soit à la hausse sur l'ensemble du trimestre.
La saisonnalité compte également. Les cambriolages ne sont pas répartis uniformément tout au long de l'année. Comparer les chiffres bruts de deux mois consécutifs, sans tenir compte de ces variations habituelles, peut donner une impression trompeuse.
Le recul observé à la fin de l'été rejoint d'ailleurs un constat déjà dressé par le SSMSI fin septembre : malgré les fluctuations mensuelles, le nombre de cambriolages restait globalement stable sur les douze derniers mois.
Les cambriolages restent nombreux, même sans nouvelle flambée
Le rebond de juillet ne s'est donc pas prolongé par une hausse continue en août et septembre. Cela ne signifie pas pour autant que le risque de cambriolage a disparu.
Les chiffres nationaux masquent des différences parfois importantes entre les territoires. Le risque varie notamment selon la localisation et les caractéristiques des logements.
Le bilan annuel 2025 déjà analysé par DegroupTest montrait ainsi que les grandes agglomérations affichaient des taux de cambriolages supérieurs à la moyenne nationale.
Une tendance nationale, même orientée à la baisse, ne permet donc pas d'évaluer précisément le risque auquel un logement particulier est exposé. Elle ne suffit pas davantage à décider si une alarme avec télésurveillance est nécessaire ou non.
Le bilan de l'été 2026 permet surtout de relativiser la hausse de juillet : les cambriolages restent un risque bien réel, mais les dernières statistiques ne montrent pas d'emballement durable à l'échelle nationale.