Concurrence : le rachat de Covage par SFR retoqué à Bruxelles ?

Par Yann Daoulas modifié le 30/11/2020 à 10h56

Annoncée il y a un an, l'acquisition de Covage par SFR tarde à se concrétiser. Bruxelles s'intéresse de près à l'opération.

Une personne examine un rapport financier à la loupe

Annoncée il y a un an, l'acquisition de Covage par SFR tarde à se concrétiser. Bruxelles s'intéresse de près à l'opération.

C'était LA nouvelle de novembre 2019 dans le paysage du THD. Le groupe Altice-SFR annonçait l'acquisition de Covage pour 1 milliard d'euros. La transaction, qui promettait de faire tomber à terme 3 millions de lignes de fibre optique dans l'escarcelle de SFR, devait être conclue au 1er semestre 2020. Mais depuis, c'est silence radio ou presque. Certes, l'année (presque) passée n'a pas été des plus propices, mais ce retard à l'allumage pourrait trouver une autre explication. Selon les informations de La Lettre A (article payant), le passage de Covage sous pavillon rouge a fait l'objet d'une enquête approfondie de la Commission européenne. Son verdict est attendu le 13 novembre, et "pourrait poser comme condition la cession de certains réseaux d'initiative publique (RIP)", écrit le site spécialisé.

Avec les 16% de Covage et les 18% de SFR FttH, le nouvel ensemble se trouvera-t-il en position dominante ? C'est ce que s'attache à déterminer l'investigation européenne, à travers un "questionnaire pointu" transmis aux collectivités et aux autres acteurs du marché de la fibre en zone d'initiative publique, indique le site spécialisé. Objectif : s'assurer que, dans ces territoires, l'opération n'entravera pas la bonne marche de la concurrence, en particulier sur le marché entreprises.

Inquiétudes et interrogations

La direction générale de la Concurrence bruxelloise s'intéresse en particulier aux conditions d'activité sur les Réseaux d'initiative publique. C'est-à-dire le terrain de jeu de Covage, opérateur de gros neutre (qui commercialise le réseau auprès des opérateurs, mais ne vend pas lui-même d'abonnements). Son passage dans le giron d'un opérateur intégré comme SFR (qui exploite des réseaux ET commercialise des abonnements) avait en effet suscité quelque émoi lors de son annonce il y a un an.

L'opération "peut légitimement inquiéter", avait ainsi réagi l'Avicca, à une époque où le sort d'un autre opérateur de gros neutre, Kosc, était encore très incertain. Inquiétude partagée par l'Association des opérateurs télécoms alternatifs (AOTA). Pas opposée par principe à une concentration dans le secteur afin d'améliorer l'efficacité opérationnelle sur les RIP, mais pour laquelle le deal SFR/ Covage soulevait "de profondes interrogations sur la préservation d’une intensité concurrentielle déjà fragile sur le marché entreprises et collectivité".

 

 

 

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