Bouygues Telecom, Free et Orange ont proposé il y a quelques jours à l'Autorité de la concurrence la nomination d'un dirigeant indépendant pour piloter SFR pendant la procédure de rachat, valorisée 20,3 milliards d'euros. Pour l'abonné SFR ou RED, rien ne change dans l'immédiat : contrats et prix restent identiques.
Le 6 juin 2026, Altice France a signé l'accord de cession de SFR au consortium formé par les trois opérateurs. Depuis, l'Autorité de la concurrence, dont le président a jugé l'opération loin d'être acquise sur un marché déjà concentré, instruit le dossier.
Un dirigeant indépendant pour lever les doutes du régulateur
Benoît Cœuré, président de l'Autorité de la concurrence, a donné le ton dès l'annonce de l'accord : cette acquisition "ne va pas de soi", car elle fait passer le marché fixe et mobile français de quatre à trois opérateurs sur un secteur déjà très concentré.
Pour rassurer l'institution, les trois repreneurs ont mis en place des "clean teams", des équipes restreintes chargées d'accéder aux données sensibles de SFR sans les diffuser en interne avant le feu vert réglementaire, afin d'éviter tout "gun jumping", c'est-à-dire le fait, pour un futur acquéreur, d'interférer trop tôt dans la gestion d'une entreprise qu'il ne détient pas encore légalement.
C'est dans ce contexte que Nicolas Thomas, directeur général de Free, a détaillé le 24 juin 2026 devant le comité social et économique de SFR l'argument central présenté à l'Autorité de la concurrence : la structure SFR ne pourra pas être dirigée, pendant la transition, par un membre d'Orange, de Bouygues Telecom ou de Free.
Un dirigeant indépendant, doté d'une expertise reconnue en télécoms et en gestion de transition, sera nommé, assisté de trois gestionnaires eux aussi indépendants des trois groupes acquéreurs.
Ce montage vise à démontrer que SFR continuera d'être géré de façon autonome et neutre tant que l'opération n'est pas définitivement autorisée.
Qui récupère quoi : la répartition des 25 millions d'abonnés SFR
Le 30 juin 2026, les repreneurs ont aussi précisé la ventilation envisagée des abonnés SFR, fixe et mobile :
- Bouygues Telecom (42 % de la valeur de l'opération) : environ 5,9 millions d'abonnés grand public SFR, les 500 000 clients de Prixtel, et l'activité SFR Business.
- Free (31 % de la valeur) : la totalité de RED by SFR (environ 6 millions d'abonnés), 1,6 million de clients SFR classiques, environ 400 000 très petites entreprises, et 50 MHz de fréquences mobiles supplémentaires.
- Orange : environ 4,9 millions d'abonnés, ainsi que les opérateurs virtuels Réglo Mobile, Syma et Coriolis.
En clair : selon votre opérateur et votre offre, votre abonnement finira, à terme, chez l'un de ces trois opérateurs plutôt qu'un autre.
Mais cette répartition ne prendra effet qu'après le feu vert du régulateur, pas avant.
Le calendrier à surveiller avant tout changement réel
Les repreneurs anticipent une décision de l'Autorité de la concurrence au 2ème trimestre 2027, avec une migration effective des abonnés qui ne débuterait pas avant le second semestre 2027.
D'ici là, si vous voulez anticiper une éventuelle bascule ou simplement comparer ce qui existe ailleurs, notre comparatif des box internet reste à jour. Même chose pour les forfaits mobile.