Maxime Lombardini (Iliad) : "La 5G de Free est un beau produit"

Par Yann Daoulas modifié le 18/12/2020 à 11h12

Le vice-président d'Iliad revient pour nous sur la stratégie de déploiement de Free Mobile et le potentiel de son nouveau réseau 5G lancé le 15 décembre dernier.

Double actualité pour Iliad mardi 15 décembre. Le jour choisi pour annoncer l'arrivée de Free sur le réseau fibre Bretagne THD, mais surtout celui du coup d'envoi de son réseau 5G en France. Venu formaliser l'accord régional sur l'Internet fixe, Maxime Lombardini, vice-président du conseil d'administration d'Iliad, nous en a aussi dit plus sur les premiers contours de la 5G Free. Un réseau qui doit pour l'heure encore composer avec les susceptibilités municipales, et dont certaines caractéristiques font beaucoup parler...

5G dans les villes : Free temporise aussi

C'est la star de la 5G, et les opérateurs ont dépensé près de 3 milliards d'euros pour s'attacher ses services. Mais elle est priée de rester en coulisses pour l'instant. La bande de fréquences 3,5 GHz, avec ses débits multipliés et ses promesses de décongestion des réseaux 4G, reste aux portes de nombreuses grandes villes. S'agissant de Free Mobile, Maxime Lombardini rassure : "Nous sommes dans une phase très préliminaire. Ce que l'on a pu allumer pour le moment n'est pas significatif d'une stratégie, ou de ce que ça va être dans un an ou 18 mois". Si ses concurrents sont plus présents sur certains cœurs de ville, explique-t-il, c'est notamment grâce aux autorisations obtenues lors de la phase d'expérimentation dans certaines secteurs urbains. Un historique qui, du reste, n'empêche pas Free Mobile de prendre la 2e position du quatuor en termes de sites 3,5 GHz activés, selon le premier Observatoire 5G publié hier par l'Arcep.

L'opérateur mobile d'Iliad ne compte bien sûr pas en rester là, mais depuis cette phase de test, la récente fronde anti-5G a changé la donne : "Nous avons beaucoup de sites 3,5 GHz qui sont prêts, mais nous n'avons pas encore obtenu beaucoup d'autorisations. Cela suppose que soient instruits les Dossiers d'information mairie (DIM). Et en général les villes se sont engagées à ne pas accorder d'autorisations avant d'avoir terminé les concertations citoyennes".

Il s'est beaucoup dit que les opérateurs pouvaient passer outre ces vétos municipaux. Dans la réalité, ils n'y ont pas vraiment intérêt. C'est ce que nous expliquait Orange il y a quelques semaines, et que nous confirme Maxime Lombardini. "Nous aurions pu passer en force, mais cela veut dire que nous ne pouvons plus signer les chartes, que nous n'avons plus l'accompagnement de la ville, que nous n'accédons plus au patrimoine public". Cela aurait aussi impliqué de mettre un peu plus dans l'embarras des mairies qui doivent gérer "non pas la crainte des populations, mais l'agit-prop de quelques-uns". Raisons pour lesquelles Free, comme ses concurrents, a décidé de temporiser. "Nous n'avons pas voulu accentuer les difficultés, conclut le vice-président d'Iliad. Il y a un certain nombre de villes - Paris, Rennes, Bordeaux... - où nous n'avons pas allumé le service. Nous les laissons mener le débat citoyen, et nous verrons ensuite".

Une bonne et une mauvaise 5G ?

Position d'attente d'autant plus sereine que, malgré ces obstacles sur le 3,5 GHz, Free se targue de couvrir déjà 40% de la population en 5G. Soit beaucoup plus que ses concurrents, grâce à l'utilisation de la bande des 700 Mhz. Celle-ci appartient aux bandes dites basses qui "apportent une meilleure couverture surfacique et à l’intérieur des bâtiments, mais des débits non comparables à ceux fournis par les bandes hautes comme la 3,5 GHz", rappelle l'Arcep dans son nouvel observatoire. Ni plus ni moins que de la "fausse 5G", cinglent les rivaux de Free, qui l'accusent de vendre des vessies pour des lanternes.

Un non-sujet pour l'opérateur. Fort de ses déploiements massifs sur cette bande depuis deux ans, avec des antennes 4G et 5G et une collecte en fibre, "il n'y avait pas de raison de se priver d'un allumage 5G dès le premier jour,"  explique ainsi Maxime Lombardini. Cela permet donc à Free de revendiquer une empreinte conséquente comparé aux "couvertures microscopiques" de ses concurrents. Mais pas seulement. L'opérateur souligne aussi l'intérêt de combiner le 3,5 GHz avec des fréquences basses comme le 700 pour améliorer la pénétration dans les bâtiments. Une des raisons pour laquelle "il n'y a pas une bonne 5G en 3,5 GHz, et une mauvaise 5G en 700 MHz", résume le vice-président d'Iliad. 

"Notre projet n'est pas de nous arrêter au 700" (et au 3,5)

Quant aux performances intrinsèques de la 5G en 700, qui cristallisent les critiques, elles sont certes bien inférieures à celle de la bande 3,5 GHz. Mais pour Maxime Lombardini, il est faux de dire que cela ne change rien par rapport à la 4G. "D'un point de vue utilisateur, il y a une amélioration lorsque l'on passe de 4G en 5G 700. Même l'Agence nationale des fréquences le dit." Quels sont ces avantages ? "Une excellente stabilité", ainsi qu'"une bande passante qui va être pratiquement dédiée à l'abonné connecté, parce qu'il y en a quand même assez peu qui sont équipés d'un smartphone 5G". Pour l'instant, oui, mais ensuite ?

Ces questions se posent au lancement, mais le réseau 5G de Free ne se figera pas dans cette configuration de départ. "Il s'agit seulement d'un amorçage, et notre projet n'est pas de nous arrêter au 700" en plus du 3,5. Et d'évoquer les potentialités offertes par l'agrégation d'autres fréquences 4G+ avec la 5G en bandes 700 et 3,5 GHz réunies, sachant en outre que la couverture en 3,5 GHz est amenée à croître rapidement. En attendant, dans les zones couvertes uniquement en 700*,"c'est vrai qu'on n'atteint pas encore le 1 Gb/s que l'on aura avec nos 70 MHz (de largeur de bande en 3,5 GHz, ndlr), mais c'est un beau produit, conclut le vice-président d'Iliad. Et comme en plus on le propose à un prix qui est imbattable pour nos abonnés... Cela ne leur coûte pas plus cher, ils ont un complément au réseau actuel, et avec une bonne couverture". Dit en d'autres termes : "C'est tout bénéf". 

 

*Une version précédente de ce passage était ambigüe, car la citation suggérait que le débit en 5G de Free n'atteignait pas 1 Gb/s, même dans les zones couvertes en 3,5 GHz. Nous l'avons complété afin de préciser qu'elle ne portait que sur les zones couvertes uniquement en 700.

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