Téléphonie mobile, Internet fixe : dernières nouvelles du confinement

Par Yann Daoulas modifié le 09/10/2020 à 16h53

Lors du 2e trimestre 2020 marqué par le confinement, les Français se sont appelés (beaucoup), ont levé le pied sur la 4G et ont peu changé d'opérateur. Quant à ces derniers, ils ont vu leurs revenus baisser.

Un jeune homme masqué consulte son téléphone mobile pendant le confinement

On pressentait sans peine certains impacts du confinement sur les marchés de la téléphonie mobile et de l'Internet. Les derniers chiffres publiés par l'Arcep permettent d'en cerner un peu mieux l'ampleur. "Huit semaines de confinement ont bouleversé les usages des services de télécommunication", indique ainsi l'Autorité de régulation en présentant son bilan de ce mémorable printemps 2020. Principaux enseignements : des appels en hausse de 30%, une stagnation de la consommation Internet mobile, un effondrement des portabilités, et un repli - contenu - des revenus des opérateurs.

Appels voix : un bond "exceptionnel"

Faute de pouvoir se voir, les Français ont tenu à se parler au plus fort de la crise sanitaire. Bien que cette période ait contribué à populariser un peu plus les applications de messagerie avec appels vidéo - enfonçant encore un peu plus le SMS, la téléphonie classique a elle aussi été fortement sollicitée durant le confinement.

72 milliards de minutes d'appels voix ont ainsi été décomptées par l'Arcep sur la période avril-juin, un chiffre record sur les 20 dernières années. Dont 57 milliards de minutes pour les appels depuis un téléphone mobile : leurs possesseurs ont ainsi passé en moyenne 4h40mn en conversation durant ce printemps en partie confiné.

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Source : Arcep, Observatoire du marché des communications électroniques au T2 2020

C'est 30% de plus que l'an dernier à la même période, une croissance "exceptionnelle" pour ce type de communications, dont les volumes n'augmentent bon an mal an que de 2 à 7%, relève le régulateur des télécoms.

L'Internet mobile en pause

Elle augmentait depuis deux ans avec une régularité de métronome (+0,5 Go environ d'un trimestre à l'autre), mais elle a subitement stagné au printemps. La consommation de données sur les réseaux mobiles a fait du quasi sur-place sur l'intervalle marqué par le confinement : de 8,3 à 8,5 Go en moyenne par forfait, et de 10,1 à 10,2 pour les utilisateurs de 4G.

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Rien de bien étonnant au fond, étant donné que les Français confinés s'en sont remis à leur connexion Internet fixe - quand celle-ci délivrait des débits corrects. La multiplication des messages invitant au "civisme numérique" les a du reste encouragés à privilégier ce mode d'accès à Internet pour éviter une congestion des réseaux mobiles. Les utilisateurs de box 4G n'avaient pour leur part d'autre solution pour leurs usages numériques confinés, et cela se ressent sur leur consommation mensuelle moyenne : celle-ci est passée en un an de 130 Go à 170 Go par mois.

Le churn au plus bas

Autre impact évident de cette période de confinement : les Français n'ont jamais aussi peu changé d'opérateur. En particulier sur les box : seulement 480 000 conservations de numéro fixe ont été enregistrées au 2e trimestre 2020, du jamais vu en 10 ans.

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Au moment où disposer d'une connexion Internet était vital, les consommateurs n'ont pas jugé le moment opportun pour migrer d'un fournisseur à l'autre - opération souvent assimilée à un risque de coupure provisoire de l'accès Internet. Crainte qui est d'ailleurs devenue une réalité pour de nombreux clients en pleine transition, et qui ont parfois dû attendre de longues semaines avant de pouvoir bénéficier d'un raccordement par leur nouvel opérateur. 

C'est probablement la même logique qui a conduit de nombreux consommateurs à différer leur changement d'opérateur mobile. A 1,2 million contre 1,5 million ces derniers trimestres, les portabilités de numéro mobile ont ainsi touché le fond au printemps, accélérant brutalement une descente entamée depuis fin 2017.

Les opérateurs limitent la casse

Leurs derniers résultats financiers avaient déjà permis d'en juger, du côté d'Orange ou SFR par exemple, mais les chiffres publiés par l'Arcep le confirment. Les opérateurs ont vu leurs revenus chuter durant le confinement, mais modestement : -2% sur un an. Un repli attribuable en grande partie à la vente et à la location de terminaux et d'équipements, qui n'ont pas fait recette sur fond de boutiques fermées pendant six semaines.

Au-delà de ce trou d'air ponctuel, les bouleversements liés au Covid-19 pourraient tarir plus durablement une autre source de revenus : celle de l'itinérance facturée aux clients des opérateurs utilisant leur téléphone à l'étranger (-75% sur un an au t2). De quoi enrayer la progression du chiffre d'affaires qui se dessinait depuis deux trimestres sur le volet services mobiles. De 3 à 4%, cette hausse a fondu à 0,5% au 2e trimestre, à 3,3 milliards d'euros HT. La facture moyenne par carte SIM stagne ainsi aux alentours de 14 euros HT, malgré la tendance à la hausse des prix des forfaits constatée depuis plusieurs mois.

L'aléa du confinement n'a en revanche pas perturbé la santé retrouvée des services fixes. Une tendance amorcée fin 2019 "après près de dix années de recul", note l'Arcep, et qui s'est amplifiée au 2e trimestre 2020 : +1,1% à 4,1 milliards d'euros. La facture moyenne des abonnements Internet haut et très haut débit progresse ainsi à 33 euros HT, soit son plus haut niveau depuis deux ans. Une tendance à mettre en lien, là encore, avec le tour de vis des opérateurs sur les prix. Mais peut-être aussi avec l'adoption de plus en plus rapide des offres Internet en fibre optique, facturées plus cher que l'ADSL par la plupart des fournisseurs. Ce mode d'accès à Internet a ainsi séduit 2,5 millions supplémentaires en l'espace d'un an, portant son parc total à 8,3 millions d'abonnés effectifs.

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